
L’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) vient de publier son rapport annuel sur la consommation des drogues en Europe. Le rapport est consultable sur le site de l'Observatoire français des Drogues et Toxicomanies (OFDT).
Voici les principaux éléments qui ressortent de ce rapport :
- La consommation de cocaïne gagne du terrain dans l’Union européenne. La cocaïne reste "le stimulant le plus populaire en Europe" et la drogue illicite la plus consommée après le cannabis. La consommation de cocaïne dans l’UE demeure concentrée dans les pays de l’Europe de l’Ouest, alors qu'elle reste faible dans les autres pays. Au moins 13 millions de personnes, soit 3,9% des adultes européens, ont consommé de la cocaïne au cours de leur vie, dont 7,5 millions âgées de 15 à 34 ans. Quatre millions d'adultes européens en ont consommé au cours de l'année.
La cocaïne pourrait ainsi être sur le point de remplacer les amphétamines et l'ecstasy dans certains pays comme le Royaume-uni, le Danemark ou l'Espagne.
- La consommation de cannabis est en baisse, surtout chez les jeunes. Tout en restant la drogue illicite la plus consommée, sa popuilarité décline. Environ 74 millions de personnes soit 22% des Européens âgés de 15 à 64 ans ont consommé du cannabis au cours de leur vie tandis que 22,5 millions d’Européens en ont pris durant l’année écoulée. 2 à 2,5% des jeunes adultes européens, en majorité des hommes, consomment du cannabis de manière quotidienne ou quasi quotidienne.
- La consommation d'héroïne et des dérivés de l'opium connaît une "progression préoccupante". Sa consommation est en hausse de 6% dans l’Union par rapport à 2002. Selon les données du rapport 2009 (recueillies pour l'essentiel en 2007, ou, à défaut, lors de la dernière année disponible), le nombre de consommateurs d'opiacés "à problèmes" est estimé entre 1,2 et 1,5 million.
- En ce qui concerne les amphétamines et autres drogue de synthèse, la tendance est à la stabilisation voire une baisse modérée.
- La méthamphétamine gagne du terrain. Elle n’est pas encore très répandue sur le marché des drogues stimulantes en
Europe occidentale, toujours dominé par la cocaïne et les amphétamines. Néanmoins, certains signes indiquent que la méthamphétamine commence à gagner du terrain.
Historiquement, la consommation européenne de méthamphétamine se concentrait en République tchèque. Or, selon le rapport publié aujourd’hui, cette drogue semble se répandre dans des pays du nord
de l’Europe, tels que la Norvège et la Suède, où l’amphétamine était traditionnellement le stimulant privilégié.
- Internet est aujourd’hui une plaque tournante du marché des substances psychoactives et permet aux revendeurs de fournir à un large public des alternatives aux drogues contrôlées. Le rapport 2009 attire l’attention sur la sophistication grandissante du marché en ligne de ces «alternatives légales», les revendeurs s’adaptant pour tenter d’échapper aux contrôles. En 2009, l’OEDT a étudié 115 boutiques en ligne dans 17 pays d’Europe. La majorité des revendeurs en ligne identifiés étaient établis au Royaume-Uni (37 %), en Allemagne (15 %), aux Pays-Bas (14 %) et en Roumanie (7 %).
- En 2008, 13 nouvelles substances psychoactives ont été détectées par les pays membres de l’Union européenne, dont 11 nouvelles drogues de synthèse et deux plantes (le kratom et le kava). Six nouvelles substances sont des dérivés du cathinone, un psychotrope présent dans le khat.
Parmi les
innovations du marché, figurent les produits "Spice", vendus sous forme d'encens et surveillés depuis 2008 par l'OEDT. Les ingrédients mentionnés sur les emballages de «Spice» sont des plantes et
des matières végétales mais des tests récents ont révélé que certains lots contenaient également des cannabinoïdes de synthèse que des usagers peuvent consommer à leur insu.
L'inquiétude suscitée par les cannabinoïdes de synthèse a amené plusieurs pays comme l'Allemagne, l'Estonie ou la
France à interdire ou contrôler la vente de produits de cette marque qui pourrait préfigurer selon l'OEDT «les drogues de demain».
Mais très vite, des produits de substitution ont été commercialisés sur l'internet sous un large éventail de noms différents, «Smoke» et autres «Sence».
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